Pyre of Black Roses – Demo II

by Maxime

On ne le sait que trop bien, le dungeon synth entretient un lien de parenté plutôt fort avec le black metal, bien que la chose ne soit guère évidente sur le plan technique. Depuis trente ans, nombreux sont les artistes étant passés de l’un à l’autre, ou ayant même mélangé les deux, avec une fortune tantôt admirable, tantôt discutable. Pyre of Black Roses est ainsi composé de deux artistes américains bien connus des adeptes de la scène d’outre-Atlantique : Celestial Sword et l’hyperactif Myst. Jusque-là, rien de bien remarquable. En revanche, le duo vient de sortir — déjà ? — sa seconde démo, et là où la première était faite d’un black metal un peu contemplatif somme toute assez conventionnel, la seconde se démarque clairement par ses notes punk. Mais pas que.

Concernant Myst et son projet principal, à savoir Coniferous Myst, j’ai malheureusement lâché l’affaire depuis longtemps. Pas que la qualité du projet soit à remettre en question, bien au contraire, il est simplement difficile de suivre la cadence infernale imposée par l’artiste américain. Ceci étant, intrigué comme on peut l’être par la pochette de cette Demo II, il m’a fallu poser une oreille sur cette curieuse sortie, en premier lieu plus courte que sa grande sœur, plus vieille de cinq semaines seulement. L’auditeur est accueilli, non sans surprise, par les riffs et la rythmique très accrocheurs du titre introductif. On pourrait se désoler de constater que ce premier titre dépasse de loin ses pairs en termes de qualité, mais on préfère pour le coup se délecter du côté purement jouissif et instinctif de ce que Pyre of Black Roses sert à ses convives.

On a beau dire, mais le mid-tempo apporte réellement une plus value lorsqu’il est associé à des riffs aussi simples. Ce titre a également un petit quelque chose de très rafraîchissant qui n’est sans doute pas sans lien avec les espèces de chants clairs que l’on entend à peine en arrière-plan. Une entrée en matière franchement mémorable. Malheureusement, la suite de la démo souffre de la comparaison avec ce premier titre, d’autant qu’on en a vite fait le tour. Le second titre entend emprunter le même chemin mais ne parvient pas à faire naître le même engouement. On passera sur le troisième titre, qui ne présente pas un intérêt débordant, pour avoir quelques mots pour le quatrième. Notez au passage que chacun des titres est nommé à l’aide d’un chiffre romain, raison pour laquelle je ne m’embarrasse pas à les citer dans les règles de l’art. Vient donc le quatrième titre et ses relents presque pop, le tout étant servi par des sonorités au clavier très brumeuses.

C’est une sortie un peu étrange à laquelle Pyre of Black Roses confronte son public. D’abord très primaire et accrocheuse, elle dérive par la suite sur quelque chose de plus calme et audacieux. Une chose est en tout cas certaine, Demo II fait montre d’un peu plus de personnalité que Demo I. La sortie a également eu droit à une belle petite édition cassette chez Lost Armor Records, dont on pourrait vanter le catalogue si toutefois il n’était pas restreint au public américain. Dans le genre isolationniste, on tient quelque chose de solide. La pratique est cependant loin d’être exceptionnelle, et c’est bien dommage.

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