Morrowsworn – Where Crowns are Forged of Stars

by Maxime

Depuis le mois d’août, les suiveurs acharnés des scènes black metal et dungeon synth européennes ont pu suivre avec attention l’évolution de Sij Music Art. Cette obscure entité slovène semble avoir pour rôle de faire office de bannière pour les productions d’un certain Tilen Šimon, principalement connu pour son projet principal, Veldes. Après avoir donné naissance à un deuxième projet black metal nommé Mossgiver au cours de l’été, l’artiste s’est récemment essayé au dungeon synth pour la première fois avec Morrowsworn. Ainsi naquit Where Crowns are Forged of Stars, et Tilen Šimon semble avoir plus d’un tour dans son sac.

Le fait de fourrer son nez dans les sorties dungeon synth les plus récentes à intervalle régulier réserve toujours son lot de surprises. Et pourtant, avec sa pochette quelconque aux tons verdâtres, Where Crowns are Forged of Stars ne présageait pas nécessairement que du bon pour les oreilles. Si j’avais gagné quelques sous à chaque fois que j’eusse écouté un prétendu album de dungeon synth mais qui avait finalement pour seul contenu de la noise absolument inaudible, j’écrirais mes chroniques depuis un manoir. La curiosité est cependant récompensée avec la première sortie de Morrowsworn, et son dungeon synth aux relents folk prononcés ne devrait a priori pas avoir de mal à trouver un public.

Malgré le manque criant de reverb – ce manque s’estompe toutefois au fil des titres –, « Dance In the Hallways of Trees » accueille ses gens avec un charme cristallin et forestier qui sera assurément au goût du plus grand nombre. L’occasion nous est à nouveau donnée d’estimer que la pochette n’illustre pas comme il se doit la très belle musique de l’artiste slovène. En effet, avec ses tons austères, elle ne rend pas hommage à l’élégance des cuivres et à la magie timide qu’amène la harpe. Mais qu’à cela ne tienne, il n’est écrit nulle part que l’on se doit d’avoir une identité graphique réussie pour faire de la bonne musique. L’atmosphère générale est médiévalisante sans trop l’être, le sol du potager est donc suffisamment meuble pour que chacun vienne y planter ses choux. En clair, la musique de Morrowsworn revêt une dimension intemporelle qui convient à de nombreux univers.

Avec environ vingt minutes sur la balance, Where Crowns are Forged of Stars propose une écoute qui passe plutôt vite – ce qui est sans doute bon signe. L’ensemble est équilibré et propose aussi bien des titres calmes et enchanteurs – « Fireplace Ballad » – que des titres plus enjoués et dansants – citons « Thy Joy Cometh ». Le titre éponyme se permet quant à lui d’être riche de ces deux aspects. C’est en tout cas une première sortie de grande qualité que nous sert Morrowsworn, et nulle doute que le projet slovène saura donner une suite à la fresque dont le récit a simplement été introduit.

Tilen Šimon semble particulièrement inspiré ces derniers mois. La création de Sij Music Art permet de graver dans le marbre ce besoin de s’essayer à des choses différentes de ce dont il a l’habitude avec Veldes, qui n’a cependant rien sorti de nouveau depuis 2019. En tout cas, si l’artiste slovène entend s’installer durablement dans le paysage dungeon synth, nombreux sont ceux qui s’en réjouiront. Morrowsworn a effectivement de beaux jours devant lui.

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