Hauntefaerie – Thy Own Beauty

by Maxime

Alors même que l’on vient d’avoir quelques mots plutôt flatteurs pour la dernière sortie du duo Pyre of Black Roses, un nouveau lecteur pourrait bien croire que le Repère des Reclus se cantonne à la promotion des projets qui ont pour bannière le black metal le plus raw possible. Non, la ligne éditoriale est toujours la même, raison pour laquelle il est aujourd’hui question de la dernière semence de Hauntefaerie, un objet musical non identifié dont les influences sont multiples, chose fort peu surprenante lorsque l’on sait quel artiste se cache derrière le mystérieux projet (Tyrannus, Phantom Spire). Plongeons sans plus attendre dans l’énigmatique Thy Own Beauty.

Nous vantions il y a peu les mérites de Goddess, le dernier album d’Arthuros. Si l’on constate une thématique relativement similaire sur les deux albums — Thy Own Beauty semble en effet reprendre cette idée d’admiration de la femme et en arbore lui aussi une représentation sur sa pochette —, force est de constater que le traitement musical est entièrement différent chez Hauntefaerie. Outre le dungeon synth tirant sur le drone et la noise, véritable marque de fabrique de l’artiste, quelques titres ont pour chair un black metal lui aussi particulièrement sale et râpeux. Après deux titres introductifs très ambient — et qui se ressemblent d’ailleurs beaucoup —, c’est au tour du black metal de venir tancer l’auditeur sur « beg for lucidity ».

Les sonorités changent mais pas la finalité. Les riffs demeurent hypnotiques et répétitifs, la rythmique bat la cadence avec neutralité, mais pas sans saveur. Vient ensuite « a peculiar geometry », titre très court qui tranche beaucoup avec son prédécesseur. L’atmosphère y est bien plus légère — autant que faire se peut avec une production aussi sale — grâce à une mélodie bien plus simple et innocente. Thy Own Beauty meurt ensuite sur deux titres orientés black metal, dont le très bon « sun and fractals », mais riche malgré tout de cette dimension ambient que l’on a pu entrevoir sur les deux premiers titres. Difficile de mettre des mots sur ce que l’on vient d’écouter, mais l’expérience vaut assurément le coup.

Alors, heureuse ? Hauntefaerie a une bien curieuse façon d’explorer le thème féminin, mais les quelques mots qui accompagnent l’écoute de Thy Own Beauty offrent une toute autre lumière sur la question. Cette dernière sortie du projet américain est un peu courte, mais la direction artistique adoptée ne permettait sans doute pas de s’attarder davantage sur quelque chose qui se serait rapidement essoufflé. Thy Own Beauty permet enfin au minuscule mais estimable label The Phantom Order de faire son retour. Très intéressant.

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