Cerdes – Lacrimae

by Maxime

Actif depuis maintenant un an, le projet Cerdes commence à marquer la scène francophone de son empreinte. Après un printemps et un été 2020 très prolifiques en termes de sorties, l’artiste est revenu nous donner de ses nouvelles à la fin du mois de mars à l’occasion de la sortie de son nouvel album, Lacrimae, sept mois après la sortie d’Unearthing the Legend. Pas moins de quinze titres donnent corps à la nouvelle émanation de Cerdes, tous riches du style si éclatant — voire grandiloquent, à certains égards — de l’artiste.

Depuis la sortie de Sakums, la force de Cerdes réside dans sa maîtrise des registres. Si le style de l’artiste évolue peu — passant vaguement du folk au tout orchestral à l’occasion —, ses albums offrent généralement des titres mélancoliques, épiques et dansants, sans que la variété ne vienne fragiliser l’équilibre global des productions. Avec une liste de titres aussi fournie, Lacrimae ne compte pas déroger à la règle. L’album se dévoile dans un premier temps au son de la harpe de « Esmeralda’s Escapade », titre parfaitement représentatif du style du projet, avec l’évolution très audible de ses sonorités au fil du titre. Son successeur, « Guardians of the Border », avec sa forte connotation épique, rappelle quant à lui un projet compatriote, Urrnil, dont la qualité n’est plus à prouver le moins du monde. Ce deuxième titre — dont les cuivres procurent de forts accents médiévalisants — est l’une des très bonnes surprises de l’album.

Vient ensuite un titre bien plus reposant, et ce malgré sa dimension un poil enjouée, en l’occurrence « The Expedition Team ». En trois titres, trois petits titres, voici ce dont Cerdes est capable : passer d’un registre à un autre sans une once d’excentricité. Par la suite, je me dois de m’avouer vaincu face à l’utilisation du piano, qui me plaît décidément de moins en moins, même au sein d’un album ne revendiquant pas la moindre appartenance à quelque mouvance électronique du dungeon synth. Sans invoquer la qualité desdits titres, qui trouveront sans doute un écho plus favorable chez d’autres adeptes, il m’est difficile de m’y abandonner complètement. Un titre tel que « The Dark Side of Diamora » fait évidemment preuve d’une certaine grandeur, mais un tel emploi du piano me semble pour le coup assez hors sujet.

Fort heureusement, on renoue rapidement avec des considérations moins élevées avec le titre « Carnas Hunter », dont les évidentes influences orientales sont du plus bel effet pour contraster avec les titres précédents. Aussi pouvons-nous souligner la brume qu’apporte « The Sly Desert », comme pour ajouter une dose de mystère à un album qui, jusqu’à présent, en était plutôt dénué. Par la suite, et ce jusqu’à la fin, Cerdes fait à nouveau un large usage du piano. Pour finir, on ne peut clore cette chronique sans parler des ajouts substantiels dont Lacrimae a bénéficié. En effet, sur la page BandCamp de l’album, l’artiste a consacré un petit texte et un artwork alternatif à chacun des quinze titres disponibles. De quoi enrichir davantage l’expérience d’écoute.

Pour les amoureux de dungeon synth très orchestral, Lacrimae est une nouvelle sortie de Cerdes qu’il faudra écouter avec intérêt. Quel dommage, cependant, que l’artiste ait fait un usage aussi important du piano, qui a parfois tendance à casser le côté intimiste de l’ambiance générale. Quoi qu’il en soit, Cerdes sort à nouveau un album considérable dont le contenu n’a pas manqué d’attirer l’attention de l’antique et estimable Dark Age Productions dans le cadre d’une nouvelle sortie physique.

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