Arcana Liturgia – The Grey Wanderer

by Maxime

Depuis son retour sur le devant de la scène, Arcana Liturgia ne chôme pas. Actif à la fin des années 90, le projet italien a connu une disette de vingt ans avant de signer son retour en 2019, marqué par la sortie de Tales of an Ancient World chez High Cathedral Records. Depuis, il a ajouté une bonne demi-douzaine de sorties à sa discographie et est passé dans la cour des grands, à grands coups de dungeon synth orchestral et majestueux. Au cœur de l’été est né The Grey Wanderer, son dernier album en date, dont le contenu prouve définitivement qu’Arcana Liturgia fait partie de ces projets dont les sorties suscitent attente et engouement.

On a beau dire, lorsqu’un projet de dungeon synth se met au travail un an durant, sans forcer le rythme de ses sorties, on a souvent droit à quelque chose de réussi. Il faut mettre la chose en relation avec le style de l’artiste italien, qui nécessite évidemment un labeur plus important que dans le cas d’un projet drone lambda, mais tout de même. Depuis qu’Arcana Liturgia a espacé ses sorties, la qualité s’en ressent de manière assez nette. Nous voici donc face à The Grey Wanderer, illustré par l’inénarrable Silvana Massa – qui n’en finit d’apposer sa patte au sein de la communauté dungeon synth –, un album remarquable à plus d’un titre.

Avant même d’entamer l’écoute de son contenu, ce nouvel album détonne par sa consistance : dix titres pour environ une heure de musique épique et aventureuse à souhait, c’est on ne peut plus inhabituel dans le dungeon synth, même en considérant qu’Arcana Liturgia verse dans l’orchestral et non dans le traditionnel. Si l’on parle musique, justement, l’entrée dans The Grey Wanderer se fait à l’aide du titre « A Forlorn Way to the Lost Kingdom », dont la durée, les mélodies et les accents guerriers donnent le ton d’emblée. Sur l’album de manière générale, l’impression dominante auprès de l’auditeur est celle de la représentation d’une expédition riche en intrigues et en péripéties  impression évidemment renforcée par la durée moyenne de chaque titre. En revanche, selon l’appétence de chacun pour cette branche du dungeon synth, l’ensemble peut rapidement se montrer indigeste.

Quand bien même l’on aimerait le dungeon synth à la folie, il faut admettre que l’on a davantage l’habitude des petits albums d’une demi-heure, peu importe leur contenu. Dans le cas de The Grey Wanderer, non seulement le côté intimiste est brisé sous le poids des cuivres, mais on peut également déplorer le fait que l’album soit particulièrement exigeant et difficile à écouter en une fois. La charme du dungeon synth, c’est aussi celui qui est conféré par la petite démo de vingt minutes à écouter pendant la balade dominicale. Arcana Liturgia n’en a que faire. Le parti pris est évidemment audacieux et cohérent avec la musique de l’artiste, mais il est probable que certains le déplorent.

Toujours est-il que The Grey Wanderer impressionne par sa richesse. Il m’a paru futile de le souligner jusqu’alors, mais la production jouit d’un traitement tout à fait juste et rend l’ensemble encore plus prenant. Il est également très agréable, pour prendre la durée de l’album à contre-pied, de prendre chaque titre de manière individuelle et de les considérer comme des entités à part entière. On profite ainsi de la lumière cristalline de « Dreaming Night », des percussions fédératrices de « The Streets of Dalanh » ou encore de l’outro très reposante incarnée par « A New Journey Across the Sea ». En effet, à plus d’un titre, cet album est remarquable.

Arcana Liturgia est un projet qui compte sur la scène dungeon synth internationale, et ce dernier album ne fait que confirmer la dimension prise par le projet depuis trois ans. The Grey Wanderer est un album colossal qu’il n’est pas aisé d’explorer. Mais justement, cela lui confère une opulence et une profondeur qui raviront les adeptes de dungeon synth orchestral et héroïque. Dark Age Productions est bien inspiré de s’occuper de la sortie cassette, qui verra le jour d’ici peu. Si l’artiste italien poursuit de la sorte avec un album de cette dimension chaque année, les superlatifs finiront bien vite par manquer…

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