Anura’s Mire – Book of the Bog Vol. I

by Maxime

Avec l’inexorable marée que représentent l’ensemble des labels de dungeon synth depuis quelques années, il devient complexe de faire le tri. S’il est évidemment louable pour chaque entité d’avoir sa propre identité, certains labels ont du mal à se faire une place au milieu des mastodontes et des structures montantes. Spellcaster Records, netlabel basé outre-Atlantique, est de ceux-là, d’autant que son activité se limite à la promotion digitale. Mais cela ne doit pas occulter la qualité de certaines de ses sorties, en apparence assez disparates. Ces pérégrinations nous amènent donc à l’album dont il est question aujourd’hui, l’intrigant Book of the Bog Vol. I

Parmi toutes les thématiques et les symboles qui ornent nos albums de dungeon synth favoris, les batraciens ont la faculté de se montrer aussi amusants que mystérieux. Outre Anura’s Mire, peut-être peut-on citer Resinator et Tales Under the Oak, qui ont utilisé les singuliers animaux pour illustrer leur musique d’une manière ou d’une autre. Chez notre artiste – dont l’identité se limite au pseudonyme Eckel –, ils sont au cœur d’un univers épique à souhait. En effet, il est bien précisé que Book of the Bog Vol. I fait le récit d’une guerre civile entre grenouilles et crapauds. Quand à la musique, puisqu’il s’agit là de la raison pour laquelle on s’intéresse à l’album, difficile de lui trouver une veine particulièrement guerrière. C’est même tout l’inverse.

Anura’s Mire sert à ses convives une espèce de mélange entre les mélodies attendrissantes du comfy synth et le son sale du dungeon synth très électronique, dans la plus pure tradition de la scène américaine. Avec cinq titres pour à peine douze minutes de musique, Book of the Bog Vol. I est une démo aux accents intimistes prononcés et largement renforcés par le style de l’artiste. La lente montée du titre introductif, justement intitulé « Anura’s Mire », donne le ton avec ses mélodies lentes et reposantes, une tendance qui se confirme sur le reste de la démo, sauf peut-être sur « Conflict Betwixt Toad and Frog », qui se montre plus rapide que les autres titres.

Le temps passe finalement bien vite sur Book of the Bog Vol. I, ce qui n’est pas sans lien avec la douceur dont fait preuve chaque titre. Ne goûtant que peu le caractère outrageusement mielleux du comfy synth – et ne reconnaissant que rarement son lien de parenté avec le dungeon synth –, je me dois de saluer le travail effectué par Anura’s Mire. Ce dernier est en effet parvenu à rendre sa musique suffisamment dense pour éviter d’obtenir quelque chose de trop édulcoré à l’arrivée. En somme, une première sortie qui éveille bien la curiosité et qui, on l’espère, aura rapidement droit à une suite.

C’est une première démo très agréable qu’a concoctée Anura’s Mire. L’ensemble est très convenu, mais y a-t-il besoin d’en faire des caisses dans pareille situation ? Les titres s’écoutent avec beaucoup de facilité, les mélodies enchantent sans mal, le ménestrel amphibien fait une apparition remarquée sur la scène dungeon synth. Riche idée de la part de Spellcaster Records que d’avoir ajouté la sortie à son catalogue, et peut-être aurons-nous droit, dans un futur proche, à une suite des péripéties entre grenouilles et crapauds.

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